Inspiration

Peindre à l’aquarelle sur les pages d’un livre

Le livre est pour moi un objet presque sacré. C’est une oeuvre d’art en soi.

Auparavant, j’en ouvrais les pages soigneusement, sans les froisser… Je me retenais d’annoter et encore moins de surligner! (du fluo, sacrilège!). C’est ce qu’on apprend habituellement à l’école lorsqu’on est jeune : on doit respecter le livre, et je suis d’accord.

Cependant, depuis quelque temps, je m’accorde une nouvelle liberté. Je vois maintenant le livre comme un outil avec lequel j’interagis, avec qui je converse. J’écris, je note, je fais des liens, je dessine dans la marge (quand ce n’est pas un livre de la bibliothèque!). Je me donne la permission.

Lorsqu’un livre prend la poussière dans notre bibliothèque, on peut lui donner une seconde vie. Les romans, dictionnaires, atlas, livres pour enfants, ou même annuaires sont des matières à explorer.

Le livre comme support créatif

Armés de patience et de minutie, certains artistes découpent et sculptent carrément à même les livres.

Pour ma part, j’adore déchirer des pages de livres afin de les utiliser dans des collages. Les mots en transparence apportent une profondeur à une oeuvre et parfois, amènent un sens que l’on ne soupçonnait pas.

Aussi, peindre sur des pages procure un avantage à ne pas négliger : celui de ne pas faire face à une page blanche!

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(Dessin créé avec des crayons aquarellables Derwent Inktense et de l’acrylique, sans apprêt.)

Gesso ou non?

Lorsque l’on veut peindre sur des pages d’un beau vieux livre, on se bute parfois à la fragilité du papier. Le papier boit beaucoup l’eau. Afin d’apporter une durabilité plus grande et éviter l’effritement prématuré de la page de livre sur laquelle on peint, il est conseillé de lui appliquer une couche mince de gesso. Ci-dessous, j’ai tenté l’expérience avec du gesso transparent.

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J’ai également collé les feuilles du livre sur un carton épais avant de les peindre car si on peint sur la page seule, sans support, elle gondole.

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 Mes constats

Avec du gesso transparent

  • Le gesso transparent apporte une texture granuleuse au papier, une adhérence. L’eau est absorbée moins rapidement, ce qui permet de jouer avec la peinture autrement. C’est une sensation spéciale de peindre à l’aquarelle sur ce type d’apprêt. On ne peut sûrement pas y faire toutes les techniques d’aquarelle classique et le mélange des couleurs se fait plus difficilement, mais le plaisir de la transparence est de la partie. Les couleurs semblent plus vibrantes, moins fades.

Sans gesso

  • Peindre sur la page directement, sans gesso, est très agréable, même si le papier que j’ai utilisé est beaucoup plus absorbant qu’un papier pour aquarelle. Cependant, ma page commence déjà à gondoler et à friser un peu, même si je l’ai collée à un carton épais. Il faut dire que les pages du livre que j’ai employé commencent à dater (1954)!

Compromis

  • J’ai recouvert une page de gesso transparent après l’avoir peinte. Résultat très intéressant et les couleurs ont tenu le coup. Reste qu’elles sont plus atténuées que lorsqu’on peint SUR le gesso.

N’hésitez pas à partager en commentaire vos expérimentations et vos impressions!

Liens inspirants

Greta Scholtz, artiste sculptant les livres

Sélection Pinterest

Utilisation des livres en art-thérapie (Douglas)

Comment préparer et utiliser un livre comme journal créatif (anglais)

Peindre sur des pages de livres (anglais)

Page Facebook Sentinelle créative

Le Doodle Bombing, vous connaissez?

Le Doodle Bombing, c’est le terme qu’a donné Hattie Stewart à son style artistique. Traduction libre de ma part : ce sont des dessins (doodles) appliqués à une page de magazine qui en dénaturent le sens premier et l’amènent à un autre niveau.

Stewart s’est vraisemblablement inspirée du terme photobombing, une expression récente qui veut dire le fait de saboter une photo délibérément ou par inadvertance.

Exemple de photobombing, avec un poisson qui prend la pose au bon moment :

photobombing-animal-poisson

photobombing.fr

Dans le cas de l’artiste Hattie Stewart, l’acte de sabotage est le doodling 🙂

On l’a tous déjà fait un petit peu… Ajouter une moustache à la face angélique de Drew Barrymore dans un magazine de salle d’attente. Ou bien colorier une belle carie à la dentition parfaite de Cindy Crawford.

C’est un peu ça du Doodle Bombing.

Évidemment, le coup de crayon de Hattie Stewart, son style énergique inspiré du cartoon, caricatural et absurde, ne passe pas inaperçu et transforme toute publicité ou page couverture de magazine en une oeuvre décapante.

HattieStewart_Time

Hattie Stewart

HattieStewart_Vogue

Hattie Stewart

(Visitez son Tumblr pour plus d’exemples : hattiestewart.tumblr.com)

Le mouvement engendre sur son passage de nouveaux adeptes et les groupes de Doodle Bombers semblent s’affirmer et se multiplier sur le Web. Il faut dire que l’idée d’utiliser le matériel d’autres personnes (photographe, graphiste, publicitaire, etc.) pour l’amener dans une autre direction, afin de passer un message (ou pas!) est séduisante. Et peu coûteuse. Un crayon noir permanent de qualité, une feuille de magazine, et on laisse notre imaginaire s’emballer.

De mon côté, j’ai tenté aussi de pousser plus loin mon griffonnage de magazine, inspirée par les œuvres de Hattie Stewart.

Alors, voici mon essai de Doodle Bomb :

DoodleBombAvant_Sentinelle

Après :

DoodleBomb_SentinelleCreative

Je me suis (pas mal!) laissé aller sur cette madame en papier. J’ai collé, découpé, peint à l’acrylique et ai utilisé des crayons blanc, noir et rouge. Disons que j’avais bien des crayons à essayer et un peu de temps devant moi. Mes prochains doodle bombs ne seront pas tous aussi longs à faire 🙂

J’ai apprécié dépasser le simple gribouillis pour aller plus loin dans cette fantaisie. C’est un exercice stimulant et libérateur. Mais attention au papier mince et fragile qui peut être facilement transpercé.

Pour vous inspirer :

Un tableau Pinterest : www.pinterest.com/doodlers/doodle-bomb

Un blogue des Doodler anonymous : doodle-bomb.tumblr.com

Le site de Hattie Stewart : hattiestewart.com/work/magazines

Quand la quête du matériel parfait nous éloigne de la créativité

Cette semaine, j’ai visionné cette vidéo qui m’a bien fait rire!

On y voit une dame, Linda, qui fait une montée de lait sur sa tendance à accumuler du matériel d’art. Comme plusieurs artistes, scrapbookeuses et autres créatives, elle achète compulsivement étampes, stencils, et autres bidules qu’elle trouve parfois inutiles quand, au départ, elle était simplement heureuse avec sa colle, ses ciseaux, quelques papiers et des photos pour exercer son art.

Elle fait une prise de conscience qui me rejoint.

Ai-je vraiment besoin de tout ce matériel pour créer?

Bon quoi, il faut bien essayer ce nouveau crayon blanc qui fonctionne à merveille? Ces pastels à l’huile aquarellables? Ces nouvelles paillettes qui brillent plus encore?

Je me confesse. J’aime le matériel d’art. Plus jeune, comme plusieurs petites filles, je chérissais mes collections d’effaces, de crayons, de beaux papiers, de cahiers, d’autocollants…

Je n’ai pas changé. Ma vue s’embrouille encore aujourd’hui au Jean Coutu lorsque je remarque une nouvelle sorte de stylos. Ça doit ressentir ça un gars qui entre dans un Canadian Tire…

C’est pas possible, j’ai envie de tout essayer. Parfois, il me FAUT cette peinture aux pigments plus fins. Ces pinceaux aux poils plus doux. Cette colle encore plus collante.

Mais à force de chercher le pinceau parfait, on en vient à ne pas créer.

Je m’aperçois par contre qu’au fil du temps j’achète, j’essaie et je range. Le tout est bien au chaud, dans ma petite armoire. Mon matériel pogne la poussière.

MaterielBulle

Jane Davenport est une artiste se disant maniaque de matériel d’art. Son cours Supplies me (en anglais) m’a d’ailleurs appris à utiliser mon matériel, à me l’approprier. Mais, bien souvent, il faut simplement plonger, jouer et expérimenter avec ce que nous avons chez nous. Utilisons ce que nous avons! Osons!

Vous avez cette tendance à accumuler vous aussi? Confessez-vous dans les commentaires ci-dessous ou sur la page Facebook! 🙂

 

Créer avec Leonard Cohen

Le 21 septembre dernier, Leonard Cohen célébrait ses 80 ans. Moment parfait pour lancer son plus récent album, Popular Problems que j’écoute depuis avec délectation. Sa voix unique et fascinante, supportée par des chœurs, m’emporte toujours autant.

La semaine passée, CBC Music en a profité pour célébrer Cohen en invitant des artistes canadiens à interpréter une de ses œuvres.

J’y ai découvert avec bonheur Basia Bulat, que je ne connaissais nullement. Sa version de So long, Marianne m’a touchée. Sa simplicité et son bonheur communicatif m’ont rejointe immédiatement. Dommage que je ne puisse aller à son spectacle au Corona, ce soir!

J’ai décidé de joindre ma voix à cet hommage généralisé en créant spontanément, en me laissant porter par Cohen, interprété par Bulat, qu’on peut voir et entendre ici : https://www.youtube.com/watch?v=Fymm4OiXXaw#t=17

Et voici le résultat  :

SoLongMarianne_SentinelleCreaWM

Je vous invite à essayer cet exercice qui donne des résultats parfois étonnants! J’ai sorti ma peinture, mes pinceaux, des crayons et je me suis laissé porter par les mots et la mélodie de Cohen. C’est intrigant de voir où nous amène la musique lorsqu’on crée. Doux moment! Et ça ne prend pas beaucoup de temps.

Matériel utilisé - Cohen

N’hésitez pas à partager le résultat de votre essai inspiré de Cohen sur la page Facebook de Sentinelle créative ou de commenter sous cet article!

Les 10 livres qui pimentent ma vie créative

Depuis quelques jours, on voit nos amis partager sur Facebook la liste des 10 livres qui ont changé leur vie. D’ailleurs, une recension des 50 ouvrages les plus fréquemment cités a été dressée conséquemment à cet exercice. Ça peut donner quelques idées de lecture!

Je me prête donc au jeu ici, en axant mes choix du côté d’ouvrages à caractère créatif. Je vous les présente dans un ordre non ordonné! Malheureusement, la majorité des livres que je vous présente sont en anglais. Le marché francophone tarde à se développer de ce côté…

1. The Usborne book of Drawing, doodling and colouring – Fiona Watt (en fait, TOUS les livres de The Usborne)

DrawingDoodlingUsborne

À colorier et à gribouiller (doodler), les livres The Usborne sont parfaits pour lâcher prise, se détendre et vider notre cerveau. Et bon, il paraîtrait en plus que c’est tendance les livres à colorier pour adultes… Je les remplis de couleurs en écoutant d’une oreille distraite un film (ou mes enfants… Mais non!). D’ailleurs, il y a dans cette collection des livres pour enfants très bien faits aussi.

J’ai peut-être été très chanceuse mais j’ai trouvé plusieurs livres de cette collection à très bas prix chez Winners…

2. Creative Illustration and Beyond – Stephanie Corfee

CreativeDoodlingSrephanieCorfeeJ’ai adoré ce livre qui nous donne franchement plein d’idées de gribouillis artistiques et d’embellissements pour nos pages de journal. Accessible et présentant une belle facture visuelle.

 

3. Drawing Lab for mixed-media artists – Carla Sonheim

drawingCarlasonheim

Pour se sortir de notre zone de confort, pour combattre le syndrome de la page blanche, pour nous faire explorer des techniques, des angles, des perspectives différentes, ce livre très bien fait est vraiment merveilleux. Une boîte à idées!

 

4. Journal Spilling – Diana Trout

SpillingDianaTrout

Ce livre aborde les techniques de base en mixed-media (collage, utilisation de stencils, encre, etc.) et quelques bons trucs pour faire taire la critique.

 

 

5. Le nouveau journal créatif – Anne-Marie Jobin

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Le journal créatif© est une méthode de connaissance de soi que j’apprécie beaucoup. Les exercices présentés par Anne-Marie Jobin sont variés et nombreux. J’ai délaissé ce bouquin depuis quelque temps mais j’aurais avantage à venir y puiser des idées plus souvent!

 

6. Sark’s New Creative Companion

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Ce livre m’a été offert par une précieuse amie lors d’une escapade créative avec MCommeMuses. J’avoue avoir eu de la difficulté à m’y plonger car l’écriture à l’intérieur est dans une police de caractère difficile à lire (ceux qui me connaissent savent que je suis pointilleuse à ce sujet!). Une fois franchie cette barrière, on entre dans l’univers de cette auteure qui nous donne envie de croire qu’on peut vivre une vie créative, à notre image.

7. Your heart’s Desire – Sonia Choquette

Heart'sDesireChoquette

Je n’ai pas encore terminé ce livre et déjà il me révèle des choses intéressantes sur moi. On est ici en possession d’un outil bien fait, accessible, simple pour entrer en contact avec soi, prendre le temps de nous écouter quoi! J’apprécie aussi les cartes à piger de Mme Choquette.

Et je vais assurément vouloir lire son livre à paraître sur son pèlerinage à Compostelle (soupir…).

8. Artist’s Journal Workshop – Cathy Johnson

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Ce livre présente mes fantasmes. J’aimerais vraiment arriver à dessiner ce qui m’entoure comme cette artiste nous le présente. Croquer le quotidien, illustrer des scènes en voyage, agrémenter le tout d’aquarelle… Ça me fait rêver, j’aime ça.

 

9. The Gifts of Imperfecion (La grâce de l’imperfection) – Brené Brown

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Ahhhh, Brené Brown. Je l’aime d’amour cette auteure/chercheuse. Son livre n’en est pas un sur l’expression créative mais il nous aide franchement à lâcher prise et à cesser de chercher la perfection en explorant nos zones de vulnérabilité. Un bijou (et ses conférences TED aussi!). J’ai d’ailleurs participé au cours en ligne qui a été développé en lien avec ce livre. On s’appropriait le livre par des exercices d’écriture, de dessin et de collage. Très riche en enseignements.

10. VOTRE SUGGESTION!

Je suis en manque d’inspiration! Avez-vous des coups de coeur à me suggérer? Je serais heureuse de les connaître.